Coco Mademoiselle : le nouveau film de campagne

Coco Mademoiselle, Chanel
Coco Mademoiselle, Chanel

Quand Coco Mademoiselle apparaît, c’est la nuit. On l’habille, on la pare, mètres d’étoffe et poudre aux yeux. Le vent qui fera valser tout ça, Paris l’espère autant qu’il craint la grande crue. À l’image, la ville, Haussmann, volumes, tout dans la façade. De faibles ampoules dans les rues désertes font reluire un pavé pour rouler au pas. Paris a l’âge où elle cherche un équilibre entre hier et demain, elle compose avec des convenances datées mais redoute le sans-gêne. Paris attend l’ingrédient qui fera d’elle une formule légère, chimiquement passionnante. Concentrée, complexe. Évidente comme un grand parfum. On parle et Mademoiselle s’est envolée. Une voiture comme une cage ouverte et dedans, personne. Semé sur la route, le fatras de trucs et de tissus. Coco a gardé son parfum, ça suffit. Libérée, elle fonce en ville. Jambes et visage nus, coupe de garçon, un vêtement blanc et ses yeux noirs, minimale et sublime, elle court vers l’imprévu. Aussi neuve que le courant électrique, elle n’a ni clés, ni plan. C’est pour ça qu’elle va si vite : elle doit créer la route sous ses pieds. L’ingrédient c’est elle, attention. Coco Mademoiselle ne sait rien de Paris mais va l’apprendre. Ou la prendre, c’est pareil pour elle. Elle n’apprend jamais rien, elle n’étudie pas. Elle essaie, elle envoie, et voilà, ça tombe juste. Mais des gens sérieux la pistent pour la remettre à sa place, alors elle ouvre une porte. Un café animé comme une carte postale. Le café révèle peu à peu les lignes blanches et noires de cet art déco qui partage avec Coco Mademoiselle le génie du beau et du simple, de la mesure et des contrastes. Tiens, elle est chez elle.

Coco Mademoiselle, Chanel

Coco palpite, souffle, rit. Sauvée. Et le café aussi sauvé, qui va s’éveiller dans une seconde à la grâce d’une nuit parisienne. La vraie, généreuse, tangible et sensuelle. Clac. Avec un coup de talon au sol, avec une façon unique de claquer des mains, Coco a fait remonter le sang au cœur. Est-ce son parfum, son humeur, son énergie, son aura ? Va savoir, ce qu’elle communique n’a pas encore de nom mais c’est absolument inévitable : dans la salle, les corps qu’elle croise se découvrent une souplesse inconnue, la chaleur monte et les jambes s’aventurent, les mains claquent, contagieuses, les visages attrapent une lumière virale et bientôt la joie a irradié dans toute la pièce. Tous ont un crush pour Coco Mademoiselle. On danse une danse qui n’existait pas la veille encore. Cent personnes sont devenues un tout, cardiaque et harmonieux, parce qu’une seule est entrée. Plus turbulent qu’un ballet, plus heureux qu’une transe, plus vrai que n’importe quelle scène, c’est entre le bal et l’inattendu et c’est très beau. Bientôt debout sur le bar doré, Coco Mademoiselle diffuse la cadence jusqu’aux objets et quand plus rien ne résiste, elle plonge parmi ses danseurs, comblée de la fête qu’elle invente et propageant pour toujours la formule enfin trouvée. CHANEL.

La Vie Est Belle L'Elixir de Lancôme
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